dimanche 30 juin 2013

Arguments - 2 - L'homme - 10 - Mythologie (3)

L'odeur présage la révélation. Fumerolles de marécage. La grande vasière s'enflamme. Profération fétide et exhaustive qui désigne par leurs noms tous les items de la crémation originelle.


goudron céleste. cambouis astral. firmament clos. imitation de mon ombre et de la tache initiale de la terre.


Descendons dans le jour. Nos pas ouvrent une brèche dans l'étendue. Voilà qui démontre l'œuvre du devancier, notre double rampant et souterrain. Celui qui dévore l'un après l'autre les rats qui font obstruction. Son excrément est visible. C'est nous-mêmes, c'est les morts et les chemins.


sillon d'égout. fosse cimentée. veine vide. artère principale de l'animal des séquences.


On sait la Montagne de Fer où les boussoles indiquent non pas une direction mais uniquement le lieu même où elles se trouvent, l'endroit exact où nous sommes en train de déchiffrer leur cadran. Une direction somme toute car la lecture prend du temps, ainsi que la déception qui l'achève. Sous une forme discontinue, abstraite, numérique, nous assistons là-bas à l'éclosion du lieu. C'est la même chose que la présence.


terre de rouilles. déchet alluvial des noms. du bout du pied retourner ventre en l'air la bête terminale des traductions.


On a dit de ces peuples qu'ils étaient engendrés par une flamme d'incinération. Que la cendre de toutes les choses et de tous les devanciers leur fournissait un sol ferme et franchissable. Qu'ils passaient très vite, plus vite que la résurrection imminente des gens, des choses, des herbes, du vent, et que très vite ils atteignaient le lieu terminal, la fosse, la terre que l'on possède sans partage et sans dépassement. De tout cela il ne restait que la fosse.


mot à mot caniveau d'eaux remous d'herbe terme d'un voyage en route vers son vide.


Un jour le vent dispersa l'ombre du grand rapace sur l'herbe de la praire et la morcela en poussière germinale. Cela annonçait la dissémination de la fin.


entre le pas et l'ombre l'articulation faillit. souffle de vide aux narines dénombrer les disjonctions. cendre respiratoire. ponctuation du désert. limailles d'absence. racler le nombre dans la gorge et perturber les incrustations du doute. se défaire et partir.



samedi 29 juin 2013

Arguments - 2 - L'homme - 10 - Mythologie (2)

Il faut par conséquent piétiner. S'enfermer avec l'esprit du seuil. Se rendre absent dans la poche même de l'hésitation à partir. L'esprit de la mort préalable est enfermé dans notre sac de peau. Et dans cette capsule germinale nous laisserons la nuit et le jour se manger l'un l'autre.


alignement de pierres sur la clarté du sable. terme factice. le vide se tâtonne par l'arête. sol ouvert aux barres d'ombre. plis de cassure équivalent parfait du savoir.


Mémoire d'aube. N'ignorons pas la cendre ardente qui a façonné le monde. Et comment le ferions-nous, puisque aujourd'hui encore cela revient remplir nos creux résiduels.


surdité de l'espace étendue crématoire des traces et des bornes. le souffle s'orne de douleurs rouges. nœuds articulés du dernier silence. séquence dénombrable.


Brique finie pour faire un monde. Des semeurs d'absence sévissaient. En tout lieu d'humain ils semaient l'absence et chaque absence portait un nom. Vide humain que n'importe quelle chose venait aussitôt remplir. Il y eut ainsi des morves des baves des sels des boues et des laves nommées d'un nom d'absent. Même du sang quelquefois.


barrière de pierres goudronnées. hauteur d'homme. lexique terminal.


La poussière creusée révèle la morsure sous-jacente. Empreintes ouvertes, gueule du reptile que nos foulées tourmentent. Ou la salamandre de feu qui interrompt l'addition des pas.


foulée de sel éclaté. l'astre de vase renoue le jour et son entaille. le bord trahit. l'épuisement prolifère. pays de boue redondante.


Nous voici. Nés d'une guenille et visités successivement par le vide par le souffle par l'ombre par des blattes par des rats par du feu. Le cycle fut court.


jonchée de gravats. cimetière de repères. sous des cailloux chien mort. vide aux narines.



jeudi 27 juin 2013

Arguments - 2 - L'homme - 10 - Mythologie (1)

Mais le Maître du Vent se lassa. La mesure du monde était épuisée. Alors tous les vents refluèrent vers un même lieu central. C'est ce qui a créé la première interruption.


ici par hypothèse. guenille ouverte épouiller le mutisme. couver le silence. s'accroupir au-dessus du souffle. plaies nominales grattées au sang. flux respiratoire dans les oreilles rudiment brut du code. un seul nombre désigne toutes les choses et compose le matricule du soupçon.


Il y a eu aussi un Ancêtre mort-né. Il fut en même temps le vide et la pierre qui recouvre le vide. Sur cette racine on a pu bâtir un monde. La mère de L'Ancêtre a longtemps remémoré la scène en écartant les cuisses sans mot dire.


pour voir retourner la pierre du départ. l'inscription clôturée de nerfs et scellée de boue n'a pas germé


On retrouve le monde parce que nos rêves révulsent la bête nocturne qui engloutit tout. Le jour revient vomi et entier.


piste charbonneuse chemin de nuit concassée. strie ouverte aux talons d'ombre. charpies d'absence hâtivement enterrées. du vent au ras des cendres déplace et reconstruit le nombre terminal des foulées.


Lors de la transe matinale l'officiant évacue les matières hétérogènes. Chier pisser éjaculer roter péter dans l'ordre que l'on veut. Avec ce qui reste le cycle du jour s'accomplit.


message calcifié issu du sol vers son propre envers obscur. sous les empreintes du pas crisse un essai de traduction. feindre d'avancer. parcourir des signes.


Piétiner sur place. Pétrir la pâte du seuil. Préparer le pain du franchissement. Dans cette capsule matricielle l'odeur du monde nous quête. Odeur femelle faite de fer, d'huile, d'oxydes, de brûlures, de toutes les émanations urbaines. Invite mammaire à l'Esprit qui hésite. Il naît avec nous, scarification ventrale qui nous barre la route, et il gronde à chaque menace d'expulsion. Il faut l'ensevelir dans la blessure même qui le signifie.


odeur de terre écrasée. extraction du vide. labours du manque la journée finit avant de savoir.