dimanche 24 novembre 2013

Arguments - 3 - L'être - 3 - Trace (6)

Penser qu'il y a quelque chose, et non pas rien nous procure ce terme impossible, rien, petit néant grammatical et équivalent de mort que nous utiliserons légitimement pour reproduire à tout instant la surrection de l'être. Mais l'autre mort, celle qui produit la mort est une faute de syntaxe.
cécité d'homme comme le jour et la nuit. lucidité comme la fin du temps. ne plus ciller.
Ce que nous faisons apparaître dans le monde ce ne sont pas des fragments de l'être, mais les signes matériels de sa douleur d'avoir subi l'anéantissement. Nous ne créons pas. Du fond d'un désastre, nous rapatrions.
recroquevillement dans la niche de ronces. feuillage sec trame de branches cassantes. ressac végétal figé et franchi. scénographie fruste du désastre. crissement des brindilles piétinées. écheveau topographique qui se démêle. pas de l'homme traduit en poussière sonore. au pied de la dernière muraille du camp fosse nettoyée au feu. le lieu termine.
Ne pas confondre l'être et l'univocité terminale de la mort de tout. Cela sera encore l'être, lequel siège au cœur de la confusion. Et qui, même pur concept, ne se dépossède pas de la simplicité.
le parcours change. animal mort momie crispée crissement confus sous le pas. pour passer outre s'égarer dans l'écheveau du corps. se perdre dans le lacis de ses propres membres. accroître la terre.
Dans l'Intact nous n'avons semé que de la destruction, nous n'y avons inscrit que du dégât. Mais l'être n'existe qu'à travers les épisodes de cette Passion mécanique.
dispersion du déchet fondation du pays. pisé du monde. plaine de restes concassés. vers le bord des choses ébréchées de nombreux signes fragmentaires achèvent cependant l'opération de nommer. figures de faïence et décors de carrelage. étiquettes ornées sur les boites de fer blanc. avant de détourner le regard apprendre que tout se tient et dure dans sa propre disparition.
Le néant pâtit de l'absence d'un bord qui, à exister, l'eût démenti. Ce qui est apparaît après coup comme ce bord contradictoire. Il faut que quelque chose soit.

le bon pas est celui qui anéantit tous les pas. son excellence est de manquer.

jeudi 21 novembre 2013

Arguments - 3 - L'être - 3 - Trace (5)

Tout ce qui est a déjà atteint et épuisé son extrême possibilité d'être, et pourtant cela est toujours, dans le présent, comme si rien n'avait été, comme si nulle parcelle d'être n'avait été consommée. Ce qui est tue l'être, pour rien.
haleine noire jour jeté dans le jour et tout sera issu d'une seule exhalaison. cosse sèche insecte sec chose friable. travaux du feu le soleil nous encercle membre par membre affamé de noms explicites.
Il n'y a pas d'être, mais affirmation d'être seulement. Et cela ne s'efface pas.
nom de tous les cernes d'ombre impérissables. cosse imputrescible après les choses. premier échec du temps.
La possibilité d'anéantir est aussi inépuisable et étendue que l'être, et constitue peut-être la mesure de l'être. Si rien n'avait jamais été nous pourrions le savoir. Mais dans le domaine où il y a quelque chose tout acte de mesure est simulé.
au fond de la casemate vide sceller une fin fictive. chair du pouce opercule exact sur le trou de ciment. rebord blindé du jour. recommencement recommencé éclosion de pupe solaire.
Si en le mentionnant, nous songeons à l'être de tout ce qui est, que quelque chose soit en plus semble inconcevable. Sauf si tout ce qui est, voire l'être lui-même, est une chose en plus.
sang solaire deux fois assigné. bord du jour pas plus grand qu'un corps d'homme. remuer fait souffrir le temps.
La comparution du monde comporte une mécanique d'accueil et d'expulsion, flux et reflux dont notre conscience est la trace. Car sans le regard nous ne serions pas chassés de la présence des choses présentes. Et sans les choses cette expulsion échouerait. Dans cet ordre.

ombre noire sur le sol nuit enclavée. temps accordé à la dissimulation des choses. flaque de terre noire. la forme du départ s'y renouvelle bête toujours identique. la rémission se dissout dans une poche d'eau nocturne. éclat clignotant. ajouter à l'obscurité une paille d'éblouissement comme ne pas ignorer.

mardi 19 novembre 2013

Arguments - 3 - L'être - 3 Trace (4)

Dans le cercle de l'être il n'y a pas de vivant. Pour ainsi dire l'être est étranger à la vie, car celle-ci vaut par le plus et le moins, les sommets et les déclins, les poussés et les retraits, choses hétérogènes au fait d'être pur et simple. Cette étrangeté nous le signale.
arpentage terminal. utiliser le corps et le reste. placer d'emblée les bornes de sa propre présence. détenir ici tous les signes de sa propre disparition. cadastre noir pour ne pas y être.
Même grossièrement, il est licite de multiplier les êtres pour expérimenter l'impassibilité de l'être. Ce à quoi rien n'ajoute rien, ne retranche rien. Ce autour de quoi exister est permis, réel et indifférent.
plaine solaire tique de feu prise dans la brèche. mur défoncé dans le fond de casemate. saison annulaire d'herbes et de fourmis tâtonnantes. visage collé à la brèche coruscation oblique soleil secondaire. ventre de scarabée retourné sur le dos présence accomplie.
Il ne manque rien à ce qui est au-delà de tout ce qui est et nul fait, nulle existence, nulle action ne saurait l'accroître. Il est à tout instant ce suprême accroissement.
ne pas perpétuer le jour le faire ressusciter. proie de lumière les animaux de l'aube sont les premiers prédateurs. le temps qui dure est un reste mâchouillé.
Celui que n'accable pas la surrection hypothétique de l'être ne doit jamais y songer. Par cette exclusion il est quitte. Le viable dissout la question. Mais seul les tourmentés ont un corps et un monde.
face dans les ronces noires simulation de nuit dépecée. avec cette particule de feu exténué faire un embryon de jour. temps vide. pierre d'aube chaux de charogne purifiée. palissade percée. soleil stylet au front.
L'anéantissement est l'au-delà d'une barrière conceptuelle qui produit de l'être. Ce qui est est un rebond. Il est donc inutile d'anéantir quoi que ce soit.
le temps meurt mal. la durée est un champ de bataille. cannibalisme de l'heure. multitude de dépouilles en guise de créatures. désert toujours repeuplé.

dimanche 17 novembre 2013

Arguments - 3 - L'être - 3 - Trace (3)

Nous voulons comprendre, maîtriser nos discours et ne pas être dupes des mots que nous disons. Nous luttons pour garder la parole à l'écart de la parole, comme pour prévenir un acte de stupre, d'inceste, de cannibalisme. Et c'est cet écart sans contenu qui nous permet de supposer pour la parole la possibilité de nommer l'être et de survivre.
rouilles de fer les yeux s'apprêtent. extinction de l'écart. différence écrasée sur le champ de déchets. les passes se corrompent. le retrait se dégrade dans la combustion solaire. fondation de tout. partir quand c'est fini.
Tout humain est thaumaturge, philosophe, sage, demi dieu. En effet, considérez la quantité de méconnaissance qu'il sait produire, celle qui fait exister tout ce qui, par le biais de la parole, est autre que la parole. Il suffit qu'il parle pour produire des univers de silence omniscient. Ce qui, articulé, aurait été la véritable parole de l'être.
face close. répondre du visible et de sa grande mort. incriminer le regard. voir engendre des déserts. le monde a un double assassiné.
Tout se dévoile immédiatement et en personne. Mais l'éclairement où tout se dévoile est aussi la source de l'ombre, l'origine d'un système d'ombres et de caches joints à l'objet. C'est le premier pli perceptible d'un monde où, outre les choses et l'humain, il y a de l'être avant tout.
aube insulaire. lumière nue le projecteur lèche le sable blanc. fougère d'ombre schéma radiculaire des fondations du pays. veines noires embryon d'absence.
Il n'y a pas de réel manifeste, il n'y a que du mal occulté. Toute occultation ne s'annonce pas par une chose, trace visible de son propre échec. La vraie occultation ne se montre pas elle-même, elle ne cède pas à la tentation permanente de l'ostensible, même pas à celle de l'ostensible pour rien
achoppement géométrique. bourrelet de glaise refermée. chaque pas signifie l'ouverture de la terre. la fin n'est pas sûre.
À vrai dire, et par défaut du moins, nous sommes la clôture de l'être. C'est pourquoi nous arborons tant de brèches et de défaillances. Sans cela nous ne pourrions ni parler ni voir les choses.

cercle orbiculaire paix d'un os refermé. poings sur les yeux capture annulaire du feu. lisière noire d'une vision simulée du jour et du commencement. pierre de chair. marquer l'aube.

samedi 16 novembre 2013

Arguments 3 - L'être - 3 - Trace (2)

La connaissance de l'être est indivise, première et immédiate. Voir ce qui est, vivre et penser, c'est s'amputer de cette faculté originelle. Cet acte correspond exactement à la créations de nos œuvres qui se tiennent dans la gloire discrète de l'en deçà.
douleur quête unique. braconnage du mal. revenir de l'enfer avec sa proie entre les dents. s'en vanter. se prévaloir du désastre.
À l'épreuve de tout dire, de l'œuvre au bavardage, un silence sûr se perpétue. C'est ce que nous donne l'être qui ne se dit pas. Parler déploie toutes les formes possibles d'y obtempérer.
nuit assoiffée au bord de ses brèches. flamme intermittente crémation des noms vue et revue. sommeil intercalaire trop longtemps prolongé. l'obscurité boit l'obscurité et l'indistinction des termes sert à ressouder toujours la même tumeur noire. ombre mordue. dents serrées noyau d'une nuit de pierre.
Nous sommes chassés vers l'être, mais pas irrévocablement. Car, faute de pouvoir se répéter, tout anéantissement vrai s'anéantit. L'autre anéantissement est réitérable, et pour ainsi dire purement rhétorique. C'est l'exploit fondamental de la pensée et l'origine de la possibilité de penser.
passer dépourvu de plaies et d'achèvements. désastre inaccessible bête de tanière tapie au fond de la chair. obstruer l'accès et faire crever ça. ne plus jamais le dire.
Il serait nécessaire d'avoir fini de dire tout ce qui peut se dire sans pouvoir ni dire ni savoir cette fin elle-même pour que la nomination de l'absolu puisse avoir eu lieu. Il est bien possible que ce soit exactement ce qui se passe.
la fin encore. toute douleur achève la séquence des douleurs. corps forcé apprentissage fort des aboutissements. cela se sait. cendre avalé de nos os.
Il y a un manque à dire sur lequel nous sommes sans pouvoir. La parole s'en charge seule. Parler est remuer cette cendre, sillonner cette omission, touiller ce résidu. Ce travail crée le reste, le manque et la parole.

préservation des yeux dans l'incendie. mots intacts dans les décombres. conscience impassible. savoir mangeur de mort. absorption rituelle des débris. manducation du déclin.

jeudi 14 novembre 2013

Arguments - 3 - L'être - 3 - Trace (1)

Tout se voit, et rien n'est plus visible que l'esquive de l'être. Ce qui s'offre à la vue est le sillage d'un rejet, la traînée du regard qui retrace une disparition. Même la perte a sa lettre.
nuit traversée de phares. lumière fixe dans le cercle d'ombre. la durée brûlait. souffle de cendre pour retenir l'assertion. survie sans conséquence.
Toute chose comporte la virtualité immédiate de son propre néant. L'anéantissement dénude l'être comme une langue de chien sur une plaie. Débridée jusqu'au sang, jusqu'à la pureté terminale. Cette purification est la petite grammaire du dévoilement ordinaire.
aube mécanique sur les friches. miséricorde inutile. dressé debout voir. chaux diurne sur la plaie. cautère transitoire. séquence ouverte.
Congestionnés d'existence, nous sommes à la recherche de rien, une trêve, un souffle, un soupir dans la foison compliquée des choses, dans ce bourgeonnement, cette prolifération des êtres. Ou au-delà du firmament, ou en deçà de l'ultime grain de poussière. Mais où il n'y a rien cela se dit encore et tout se renoue par le sens. C'est la grande phrase où tout se dit.
précarité du pays visible. surface de bois argenté par l'usure. durée déserte. fibres saillantes et pointes de rouille disséminées. les signes s'accrochent malgré le regard détourné. bois de nerfs et de nœuds réduit au sens. papier jauni et touffes d'herbe sèche. juste une sorte de lettre dispersée.
Il n'y a pas lieu de chercher la limite, ni de chemin vers la limite, limite du sujet, des choses existantes, de la parole. Car la limite est atteinte initialement. Ce heurt est un fait premier et penser, comme voir, consiste à le réitérer.
passage dans les décombres. baraquement de planches écroulées. inscription de cassures. empreintes mutilées. cri de la limite.
Serait-ce telle interjection hors du sens, le fait que cela commence et que cela termine accomplit entièrement le parcours essentiel de la pensée, où être et ne pas être clignotent pour signifier tout le reste.

gorge noire manger l'esquille de vide en absence d'un mot noir et pourrissant. face au creux de nuit chemin d'une seule coruscation plate. reptile plat écailles de fer et de déchets rouillés. broyat de jour naissant. commencer ici.

dimanche 10 novembre 2013

Arguments - 3 - L'être - 2 - Généalogie (6)

Ce que nos enquêtes fraient et parcourent était déjà un chemin. En toute découverte qui touche à ce qui est fondamental nous sommes héritiers d'un ancien dévoilement. Rien n'est plus vieux qu'un acte inaugural.
autant de vermine que de chemins. faisceau d'issues noué à mort. injonction de présence. ni chute ni frayage. les chemins survivent seuls.
Ne confondons pas l'occultation fondamentale avec nos absences épisodiques. Dans le suprême dévoilement seulement, l'être qui se dérobe apparaît comme tel.
face au mur de planches dissimulation du monde. fouet de vent au ciel. éblouissement inattendu à travers les trous de palissade. ce qui naît tout d'une pièce est le déchet de l'absence.
La distance véritable s'enracine ici et les distances lointaines ne sont rien pour nous. Tout ce qui est est notre lieu. Être ici c'est être en route vers le plus distant de l'être.
saillie de vent aux yeux. souillure crématoire aux narines. le monde manifeste sa présence. déchet de distance sédimenté sur la peau. approche d'un autre souffle.
La borne des choses nous procure des paupières et le droit de les abaisser à notre gré. La ponctuation est le seul défaut de l'être qui ne le spolie de rien.
la corrosion de peau poussière de surface faciale marque un temps d'arrêt exactement avant le monde. astre de rebut. production continuelle de la halte. miséricorde acerbe qu'on ne peut pas refuser.
Nous sommes l'interruption d'une autre parole, la rupture d'une autre pensée, le doute d'une autre certitude, la suspension d'une autre sentence. Nous en sommes le souffle et la racine, et nous ne pouvons pas faire que cela ne soit pas.

contraction de gorge entre deux souffles. spasme de la glotte d'une parole à l'autre. des univers passent sans être dits. firmaments escamotés entre deux balancements délibérés du corps. engeance discrète de l'écart.

jeudi 7 novembre 2013

Arguments - 3 - L'être - 2 - Généalogie (5)

Notre langage est épuisé, comme par un sel marin, de toujours contenir l'assertion extrême. Mais il est facile de repasser par l'obscurité des choses. On peut à tout moment régénérer le secret.
camp totalement parcouru. fossés de ferrailles et de ronces. murs résorbés par la poussée turbulente de branchages et de guenilles. occultation abrupte du jour et du monde.
Chercher la circonstance où la parole tarit. Considérer que ce tarissement est la porte vers l'autre parole, même réduite à la dimension d'une passe sans étendue, impossible et indéniable. Et nul ne pourra plus se restreindre au dicible.
trouble dans la mort géographique. respiration du chemin pris dans sa propre glaise. il faut ramper dans un sillon de vent. redessiner le voyage.
Reconnaître l'opacité des choses. Restituer au monde beaucoup d'obscurité. Atteindre la pierre aveugle de la fondation de tout.
pénétration sans dégât dans l'ombre basse. égarement aveugle du jour dans son repli de boue et d'herbe. clapot d'un pas aussitôt cerné d'indifférence. poing au front faire cession d'un os dur à la dispersion ininterrompue du lieu.
Si la parole devance la manifestation de l'être, il est licite de l'attaquer avec toutes les armes que le monde nous accorde. Meurtrissures et atteintes, impasses, échecs, déserts, tourments, opacités. Tous les outils offerts pour la purification du savoir.
récolter une à une les pierres d'achoppement. charpenter de chutes le désir de durer. s'ancrer par les os à la terre terminale. contrecarrer la dispersion du pays.
Croyant voir le monde, nous voyons ce qui se passe dans nos yeux. En quelque sorte, nous ne voyons que nos propres yeux, où nulle chose ne fait défaut. De la même façon, c'est l'être qui accomplit l'acte d'être que nous imputons aux choses, et cela ne se voit pas.

au-dessus de nos têtes quadrillage fracassé d'herbes blanches. jour disjoint. observation péremptoire où rien encore ne fractionne le dehors. commencement rapatrié.

mardi 5 novembre 2013

Arguments - 3 - l'être - 2 - Généalogie (4)

C'est avec nos achèvements et nos déclins, avec nos péremptions charnelles et mentales que nous soulageons d'une ombre digressive le domaine où il commence à y avoir de l'être.
enfoncer la fatigue au fond de la chair et prédire un germination. bientôt un autre corps.
La pensée est une main. La saisie doit s'achever en plaie, sans aller jusqu'à la destruction de la saisie. Il restera toujours un peu de parole autour des choses, et du nom de l'être autour de l'être.
saisir le sol. s'emparer du caillot principal. pierre de fondation dispersée dans la terre. caillou indescriptible armé de tranchants et de cassures. déchiffrage abondant du contact de la main fermée et de sa plaie.
La forme use la chose et ronge sa valeur de signe qui témoigne du fait que cela est et que l'être, ici, persévère. Le regard juste défait la forme. Le destin ontologique de la chose est d'être selon ce qui se dit.
serrer les poings sur l'attente. pétrifier le refus. manger l'ombre fossile du mort qui revient. une pierre écrasée fait l'affaire.
Geste, parole, regard, simple présence, ce qui sert à la manifestation des choses ce sont encore des choses, passibles de manifestation. Sauf si tout se déploie de soi, sans délai et sans intermédiaire. Si tout constitue d'emblée l'ouvert.
pierre à lancer et plaie et touts les autres repères. migration abrupte. monde vers la dénudation du monde. grand dégât dans la terre. on aurait fouillé et laissé nu l'alvéole d'un incrustation sans nom. homme ou pierre de rebut. dépotoir saccagé. l'effraction épuise la terre matrice de lieux et d'issues. cache inutile.
Toute vision est le reste d'une clarté sans forme. Toute parole est reprise. Le dévoilement est subreptice. L'éclairement meurt en vision, et cette mort y ramène. Il est inutile de lacérer le visible.

éblouissement solaire fugitif dans la fissure transversale du mur. salut chancreux. grouillement bas des issues. peaux et murailles. fabriques déchirées d'au-delà.

samedi 2 novembre 2013

Arguments - 3 - L'être - 2 - Généalogie (3)

Devant nous l'indifférence ontologique des choses périssables, fourmilière satisfaite, au travail toujours bien accompli. Leur mission est de faire qu'un maximum d'être soit. Jeu éblouissant avec leur propre anéantissement, copeaux d'ombre dans le jour permanent de l'être, semblables à la parole et à son obscurité.
il y eut un haut et un bas et la braise palpébrale s'ouvrait et durait. tumeur céleste et sommeil crématoire. glose incertaine. les choses consommées trahissent leur ignorance.
Déjouer le déni. Ne pas rester intact. Se porter atteinte, à l'image du monde. Partager avec les choses la distinction explicite de ce qui est et de ce qui n'est pas.
d'une titubation perdre le monde. se tenir toujours au-delà du salut. durer dans la zone toxique du temps.
La disparition est présente partout. Avant la chose, après la chose, en même temps que la chose. La présence est toujours extrême, cernée par son propre anéantissement. Être est une circonstance insulaire.
durée blanche le jour blanc calcine son propre soleil. lieu de fortune route tronquée aux deux bouts. compression de copeaux de fer sentier dur à travers le champ de lambeaux et de floches. terre confirmée exactement où elle est. cuisson de son métal corrosion locale de ses scories. feu instrumental presque mentionné. reconstitution sans retour de l'arrivée.
Ici et là-bas, ceci et cela, cette chose et autre chose, être et n'être pas. Le renoncement à se mouvoir en ayant en vue ces dissociations est une simple décision de sagesse, relative à l'impossible et à son inconsistante séduction. La force en nous qui soutient ce renoncement est aussi la voie d'approche de l'être vers l'être, en laquelle nous sommes impliqués.
dessiccation des herbes. sol d'oxydes. ne pas partir brûler. épuiser la chair sur place. donner lieu aux choses. rien ne disparaît.
Le dévoilement local, matériel, contingent, est ce qui pense, pour nous, qu'il y a de l'être. Toute chose est dévoilement. Toute occultation est extrinsèque. Rien, même pas que quelque chose est, ne se pense sans cette pensée que nous ne pouvons pas produire.

jour de feu sur les fosses. lèvres closes sur le brasier verbal. face au sol loyauté dure à son dessein de durcir. herbes comprimées dans la fente de glaise cuite. dénonciation retenue.