jeudi 28 juillet 2016

La création 1

Même ce qui ne peut pas se dire requiert la parole qui le constitue comme étant ce qui ne peut pas se dire. Ni sujet ni précepte, mais a parole et la parole seule sait détruire ce qui la transgresse. Elle est le reste de cette destruction inachevée. Rien ne se dit directement.

sur les poteaux goudronnés traînées de lettres blanches. des mots ouverts mangeaient d'autres mots ouverts sur les planches enchevêtrées au gré des chutes et des saisons. tracés de craie lisibles et tronqués sur le bois noir des palis abattus. momies effritées d'une révélation.


La chienne de Thèbes fait des petits. C'est le chien épistémique que nous portons en nous. Négation sans paroles, principe toxique, outil de l'annulation de l'impossible, agent destructeur de ce qui ne peut pas se concevoir. L'unique précepte valide en ce domaine est celui de ne pas l'égarer, de ne pas l'enivrer, de ne pas imputer aux autres ce diktat silencieux.

jour de chaux sur les bords noirs des ronces. voir. aux yeux un vieux démon dévoreur d'évidence. rien ne survit dans leur chaux momentanée. mais la tentative de durer ne finit pas.


Ne retrouver que de l'humain dans tout ce que l'ont peut dire ou concevoir est de nature à exaspérer des esprits épris d'absolu. De là le projet d'éradiquer ce mal, d'affranchir du frein humain le dessein de penser outre. Fait de textes et de visions, l'autodafé où brûle cette vermine est un exploit permanent et trivial.

face au grand mur évitement perturbé. figure des destructions multiples du doute. lieu sans origine ni bord. mouche calcinée et son absence toujours visible sur la surface de chaux. halte enclavée dans les chemins de désertion. le vide ronge les limites du vide. la fuite absorbe ses propres intermittences. conviction à frôler du regard.